Toujours fatiguée malgré le repos ? 7 signes que votre corps ne récupère plus vraiment
Si vous dormez, vous reposez et ralentissez sans retrouver réellement votre énergie, il peut être utile d’observer la manière dont votre corps récupère, et pas seulement le nombre d’heures de sommeil. Fatigue au réveil, tensions persistantes, difficulté à relâcher ou irritabilité peuvent notamment signaler que quelque chose continue à vous mobiliser intérieurement.
Parfois, on sait que l’on est fatiguée. On baille davantage, on manque d’énergie et quelques bonnes nuits suffisent pour retrouver son rythme.
Et puis il existe une autre forme de fatigue, plus difficile à définir.
Vous dormez, mais vous ne vous sentez pas vraiment reposée. Vous prenez quelques jours plus calmes, sans ressentir le regain d’énergie attendu. Vous pouvez même ne rien faire pendant plusieurs heures tout en ayant l’impression qu’à l’intérieur, quelque chose continue à tourner.
C’est souvent déroutant, parce que vous faites précisément ce que l’on conseille lorsqu’on est fatiguée : vous essayez de vous reposer.
Pourtant, le repos ne semble plus produire le même effet.
Il ne s’agit pas d’en tirer immédiatement une conclusion ni de chercher à vous diagnostiquer vous-même. Il s’agit simplement de reconnaître certains signaux que l’on peut facilement banaliser lorsqu’ils sont présents depuis longtemps.
1. Vous êtes fatiguée même après avoir dormi
C’est souvent le premier signe que l’on remarque : vous avez passé une nuit complète au lit, parfois huit heures ou davantage, mais vous ouvrez les yeux avec la sensation de ne pas avoir véritablement récupéré.
Le raisonnement devient alors presque culpabilisant : « J’ai pourtant dormi, je devrais aller bien. »
Mais dormir et récupérer ne sont pas exactement la même chose.
La qualité du sommeil, les réveils nocturnes, le stress, certains troubles du sommeil ou différentes causes médicales peuvent influencer la manière dont vous vous sentez au réveil. Il ne suffit donc pas de compter vos heures de sommeil pour comprendre ce qui se passe.
Ce qui mérite surtout votre attention, c’est la répétition : lorsque vous avez régulièrement le sentiment que la nuit ne recharge plus réellement vos batteries, cette fatigue cesse d’être un simple manque de sommeil ponctuel.
2. Votre corps reste tendu même lorsque vous êtes au repos
Une mâchoire serrée, des épaules remontées, une nuque raide, un ventre contracté ou une respiration qui reste haute peuvent devenir tellement habituels qu’on finit par ne plus les percevoir comme des tensions.
C’est quelque chose que j’observe souvent dans mon travail : lorsqu’une personne porte une tension depuis longtemps, elle ne se dit plus « je suis contractée ». Elle considère simplement que c’est son état normal.
Le corps s’adapte remarquablement bien. Il peut apprendre à fonctionner avec énormément de contraintes.
Mais s’être habituée à une tension ne signifie pas qu’elle a disparu.
C’est parfois lorsque l’on commence à observer son corps autrement que l’on réalise à quel point certaines zones ne relâchent presque jamais.
3. Vous avez du mal à savoir ce que vous ressentez
Quand beaucoup d’énergie est consacrée à fonctionner, gérer et répondre à ce que la vie demande, la perception de ce que l’on ressent peut passer au second plan.
Vous savez peut-être très bien analyser une situation, expliquer ce que vous pensez ou trouver une solution. Mais si l’on vous demande simplement : « Qu’est-ce que tu ressens maintenant ? », la réponse devient beaucoup moins évidente.
Ce n’est pas nécessairement un manque de sensibilité.
Il arrive au contraire que mettre temporairement certaines sensations ou émotions à distance soit une manière extrêmement efficace de continuer à avancer lorsqu’il faut tenir.
Le problème apparaît lorsque ce fonctionnement devient permanent. À force de ne plus écouter ce qui dérange, on peut progressivement perdre également le contact avec ce qui fait envie, ce qui réjouit ou ce qui nourrit.
4. Vous avez du mal à réellement relâcher
Vous pouvez être physiquement au repos et pourtant continuer mentalement à surveiller, anticiper et organiser.
Vous êtes assise sur le canapé, mais vous pensez déjà à demain. Vous vérifiez mentalement ce qui reste à faire, vous repassez une conversation, vous anticipez les besoins des autres ou vous imaginez ce qui pourrait mal se passer.
De l’extérieur, vous ne faites rien.
À l’intérieur, votre système continue à fonctionner.
C’est aussi pour cela que le simple conseil « il faut lâcher prise » est rarement très utile. Si le contrôle s’est installé, il a souvent eu une fonction.
La question devient alors moins « comment arrêter de contrôler ? » que : « De quoi ai-je encore l’impression de devoir m’occuper, même lorsque rien ne me le demande dans l’instant ? »
5. Ne rien faire vous met presque mal à l’aise
Vous avez enfin une heure sans obligation et, au lieu de ressentir immédiatement du soulagement, une forme d’inconfort apparaît.
Vous pensez que vous devriez profiter de ce temps pour ranger, avancer sur quelque chose, répondre à un message ou faire quelque chose d’utile.
Vous vous reposez, mais une partie de vous considère presque ce repos comme du temps perdu.
Lorsque cette sensation est ancienne, elle peut aller beaucoup plus loin qu’une simple difficulté à ralentir. Votre valeur a peut-être été longtemps associée à ce que vous apportiez, à ce que vous produisiez ou à votre capacité à être celle sur qui l’on peut compter.
Alors le repos vient parfois toucher une question beaucoup plus profonde : qui suis-je lorsque je ne suis en train de servir à rien ?
6. Vous réagissez beaucoup plus fortement à de petites choses
Une remarque banale, un retard, un objet qui tombe, quelqu’un qui vous demande encore quelque chose… et soudain, vous sentez la colère monter, les larmes arriver ou l’irritation prendre énormément de place.
Puis vient souvent la culpabilité : « Pourquoi est-ce que j’ai réagi comme ça ? Ce n’était rien. »
Ce qui vient de se passer était peut-être effectivement minuscule.
Mais votre réaction ne parle pas forcément uniquement de cet événement.
Lorsque vous avez contenu beaucoup de choses pendant longtemps, votre marge intérieure peut simplement être devenue extrêmement réduite. La moindre sollicitation supplémentaire suffit alors à faire déborder ce qui était déjà presque plein.
La goutte n’explique pas le vase. Elle révèle qu’il était déjà plein.
7. Vous continuez à fonctionner, mais vous ne vous sentez plus vraiment vivante
Ce signe est probablement le plus difficile à identifier, parce que rien n’est nécessairement spectaculaire.
Vous continuez à travailler, à gérer votre quotidien, à voir vos proches et à faire ce qui doit être fait. Rien ne s’est effondré.
Pourtant, vous sentez que quelque chose s’est éloigné.
Les choses vous donnent moins envie. Vous ne savez plus toujours ce qui vous ferait réellement plaisir. Vous traversez vos journées correctement, mais avec l’impression d’être davantage en train de fonctionner qu’en train d’habiter pleinement votre vie.
Et parfois apparaît cette question, presque gênante tant tout semble aller correctement :
« C’est donc ça ? »
Cette sensation ne signifie pas qu’une explication unique existe. Mais elle peut être une invitation à ne plus réduire votre fatigue au simple besoin de dormir davantage.
Ce que ces signes ne veulent pas dire
Vous reconnaître dans plusieurs de ces signes ne signifie pas automatiquement que votre fatigue vient du stress, de votre système nerveux, de votre histoire ou de vos émotions.
Ils ne constituent pas un diagnostic.
Ils indiquent simplement qu’il peut être intéressant de regarder votre fatigue d’un peu plus près, notamment si elle perdure malgré le repos.
Dans ma pratique, je m’intéresse beaucoup à ce décalage entre un corps qui s’arrête et une personne qui intérieurement continue à tenir.
C’est aussi ce qui m’a amenée à utiliser l’expression épuisement invisible : cette forme de fatigue dans laquelle on fonctionne encore suffisamment bien pour que personne ne s’inquiète vraiment, alors qu’à l’intérieur la marge de récupération devient de plus en plus faible.
Quand la vraie question devient : « Pourquoi je ne récupère plus ? »
À force de chercher comment dormir davantage ou comment avoir plus d’énergie, on peut passer à côté d’une question différente : qu’est-ce qui, en moi, continue à travailler lorsque je suis censée me reposer ?
Est-ce l’anticipation permanente ? La difficulté à lâcher certaines responsabilités ? Le besoin de vérifier que tout va bien ? La culpabilité lorsque vous ralentissez ? Le sentiment que les autres comptent sur vous ?
Ce sont parfois ces dimensions-là qui permettent de comprendre pourquoi quelques nuits supplémentaires ne suffisent pas à retrouver l’énergie attendue.
Et si vous vous reconnaissez dans cette manière de continuer à tenir alors que, sur le papier, votre vie va plutôt bien, j’explore plus largement cette question dans l’article consacré à l’épuisement invisible.
Que faire lorsque vous reconnaissez ces signes ?
La première étape n’est pas de vous imposer sept nouvelles habitudes pour récupérer « correctement ».
Elle consiste d’abord à ne plus banaliser ce que vous ressentez.
Lorsque le repos ne suffit plus, il peut être utile de distinguer ce qui relève de votre santé, de votre sommeil ou de votre état physique de ce qui, dans votre quotidien et votre manière de fonctionner, continue à mobiliser énormément d’énergie.
C’est précisément le sujet du prochain article : Que faire quand le repos ne suffit plus à récupérer ?